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Vhorn Attalis :


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Vhorn Attalis :
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MessageSujet: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 18:57

Vhorn Attalis

L'espoir serait la plus grande des forces humaines si le désespoir n'existait pas.


NOM : Attalis

PRENOM : Vhorn

SURNOM : Aucun surnom à l'heure actuelle.

SEXE : M

AGE : 20 printemps.

RANG SOCIAL : Bas peuple.

LIEU DE VIE :  Vagabonde. Anciennement dans le comté de Percel.

Pouvant être caractérisé de bel homme, Vhorn semble être un individu commun possédant un certain charme. De par ses yeux verts, sa barbe mi-longue et ses cheveux brun, rasé sur ses tempes et court sur son crâne, le jeune homme a de quoi plaire à la gente féminine. Cependant, en poussant l’investigation plus loin et en  regardant de plus près ce dernier, il est possible de décerner des caractéristiques nettement moins attrayantes pour l’être en question.

En effet, ses yeux semblent brûler d’une fièvre maladive, et un contour violacé se dessine en dessous de ceux-ci, preuve d’un manque de sommeil répétitif et de nombreuse nuit cauchemardesque. Une cicatrice sur sa joue droite vient compléter le tableau de son visage, qui bien souvent affiche une expression butée.

Mesurant un mètre 80, celui-ci, à l’heure actuelle, oscille beaucoup plus vers la maigreur que la forte musculature, de par ses carences alimentaires et le manque de nourriture dans ses perpétuelles pérégrinations. N’ayant pas une garde-robe bien profonde, les habits de ce dernier se résument bien souvent en une tunique, surmontée d’une cape à capuchon, de braies et de souple botte de marche. L’entièreté de ses vêtements se fonde dans les tons de vert et de brun, couleur  du couvert forestier.



N’espérant plus rien de la vie, Vhorn est, psychologiquement parlant, mort de l’intérieur. Gorgée de rancœur, la haine et la colère semblent être les uniques émotions réussissant à se frayer un chemin au travers de son être. Ce traumatisme, construit jour après jour  pendant son enfance, connut son point culminant lors d’une fatidique nuit d’automne. Cette blessure entraîne de violents accès de rage et de violence lors de crise épisodique.

Refermé sur lui-même depuis sa naissance, la solitude est sa compagne de toujours. N’ayant aucune compétence pour sociabiliser, c’est bien souvent dans un mutisme froid, voir haineux, entrecoupé de quelques coups d’œil agressif, que ce passe la plus grande majorité de ses interactions avec le peu d’individus avec lesquels il converse. N’ayant eu le droit à aucune éducation si ce n’est celle de la vie quotidienne, Attalis n’est point un érudit. Cependant, calculateur, froid et rusé, celui-ci à un intellect ne s’encombrant point de l’empathie ou de la pitié pour son prochain. Priorisant, en toute occasion sa personne, il pourrait être caractérisé de fourbe par ses paires.



L'espoir serait la plus grande des forces humaines si le désespoir n'existait pas.


Travaillant la terre de génération en génération, la famille Attalis fut, depuis ses premiers balbutiements, des alleutiers des seigneurs régentant les terres du comté de Percel. Vivant dans une bourgade située  au milieu des bois du comté, la famille évita, à travers son histoire, la majorité des problèmes, que ce soit d’ordre politique ou bien en lien avec la corruption, que subirent les terres ducales. C’est dans une situation pouvant être caractérisé de sereine, que l’arbre généalogique des Attalis prit racine. Pour cette famille, l’agriculture fut toujours définit comme une agriculture de subsistance où le peu de surplus allait directement au seigneur à titre de rente. Cette difficulté à s’enrichir, s’expliquant part le terrain les nombreux boisés - boisés protégés par une régulation du Duc-  furent toujours une épine dans le pied pour ces paysans survivant, plus ou moins, de peine et de misère. C’est au sein de cette famille de basse extraction que  Vhorn Attalis vit le jour.

Le plus jeune d’une fratrie de quatre frères, Vhorn fut, depuis sa naissance, considéré comme une nuisance dans la petite maisonnée. Rejeton  découlant d’une erreur de jugement de ses parents, le jeune homme coûta la vie de sa mère dans un accouchement difficile. Cette naissance meurtrière, que son père n’apprit jamais à lui pardonner, fit  du jeune cadet le mouton noir, l’indésirable, l’intrus chez les Attalis. Cette haine, véhiculée par les sentiments de son géniteur, se transposa sans mal sur l’attitude de ses deux ainés, qui le prirent bien souvent –trop souvent-  à partie dans sa jeunesse. L’unique membre de sa famille ne lui imputant pas tous les maux de la ferme fut son frère, Alrick, le plus vieux de la bande.

Âgé de 24 printemps, Alrick était l’archétype même de tout fils de fermier exemplaire. Grand gaillard solide et bien bâti, son frère était un travailleur dur à la tâche, ne reculant devant aucun labeur. Toujours bon vivant, que ce soit une pinte à la main le soir, ou en extrayant le soc de la glaise dans la journée, ce géant brun avait le sourire facile et contagieux. Aimé de tous, Alrick le rendait bien de par sa jovialité et son entrain constant. Admirable travailleur de la terre, mais aussi chasseur hors pair, il était l’homme de la situation depuis toujours, et ce, en tout temps.

À contrario, Vhorn était, comme il le fut déjà mentionné, le mouton noir de la famille. N’ayant jamais connu l’amour de son père, ce dernier développa un caractère acariâtre, traduit par le manque qu’apporta l’absence de tout côté affectif. C’est comme un animal blessé qu’il grandit, développant son amertume par le fait même,  et se renfermant sur lui-même. Son caractère difficile, ainsi que le rejet qui régit sa vie familiale, le poussa à chercher le confort dans la solitude. C’est donc comme un animal blessé que le jeune homme agit  toute sa jeunesse durant. Abhorrant les travaux de la ferme, Vhorn haïssait sa future existence de travailleur de la terre et ne trouvait sa quiétude et son bonheur qu’uniquement dans la forêt. Bref, sa vie n’était que douleur émotionnelle, haine, et son futur n’était guère mieux, entre un travail détesté, et pourtant inévitable, et une survivance difficile jusqu’à sa mort.

Mais au moins, il y avait elle…

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Ne te sert pas seulement des muscles de tes bras pour tirer Vhorn. » Lui reprocha son frère dans un murmure. « Essaye t’utiliser ceux de ton dos aussi. Comme ça tu vois ? » Lui montra-t-il dans une mimique d’un archer tirant la corde. « Comme si tu voudrais que tes omoplates se touchent. Voilà, c’est mieux. Maintenant, attend… attend… att… tir ! »

Le trait parti en sifflant en direction de sa cible, un daim situé à bonne distance, s’abreuvant à même un ruisseau. La flèche atteignit l'animal… et se planta dans le flanc de la bête. Poussant un gémissement de douleur où se mêlait la surprise, celui-ci partie d’une cavalcade effrénée se réfugier au loin, sa silhouette s’effaçant peu à peu entre la dense forêt de tronc.

-« Et merde. »

Se relevant difficilement – les deux hommes ayant gardé la position accroupis de longues heures durant- Vhorn regardait dans la direction prise par le fuyard. Soupirant d’exaspération, il se pencha pour ramasser sa besace  -vide-  gisant sur le sol. La chasse n’ayant pas été fructueuse aujourd’hui, il n’y aurait pas grand-chose sur la table ce soir. Il voyait déjà les reproches et les critiques poindre à l’horizon et pleuvoir sur sa personne.

-« Belle tentative mon frère ! » L’encouragea Alrick en lui posant une main sur l’épaule. « Le tir n’était pas facile. Je ne l’aurais surement pas réussi. »

Vhorn se retourna et le regarda avec une moue boudeuse. Tous deux savaient que ce dernier l’aurait abattu facilement. Celui-ci n’essayait que de remonter le moral du jeune homme.

-« Non, évidemment. Toi, l’homme qui ne rate soi-disant jamais sa cible, le chasseur hors pair, le fléau de ces bois aurait raté cette simple proie ? »

Alrick partit d’un rire profond se répercutant à travers la forêt. Les oiseaux nichés dans les arbres aux alentours prirent leurs envols au son venant briser le calme ambiant. Cet éclat de joie vint ragaillardir le moral de Vhorn. Prenant la direction de l’endroit où sa flèche avait atteint sa proie, le jeune homme se pencha sur les traces de sang laissé par cette dernière. Plusieurs taches foncées venaient maculer l’herbe à ses pieds. Il y avait beaucoup de sang. Se retournant, il chercha le regard de son frère à la recherche de la réponse à sa question muette.  

-« Je ne sais pas Vhorn. » Soupira Alirck en levant les yeux vers le soleil descendant. Se grattant la tête là où ses cheveux commençaient déjà à manquer, l’ainé semblait indécis. «  Il commence à se faire tard pour suivre ce daim à la trace. Tu reviendras demain non ? »

-« Tu sais aussi bien que moi que demain il ne restera presque plus rien de sa carcasse avec les loups, si ce n’est des forestiers. Il saigne abondamment, il ne devrait pas pouvoir aller bien loin. En plus, nous avons besoin de cette viande. »Exposa-t-il comme argument imparable à son frère.

Un énième soupir de ce dernier, puis un autre regard au soleil, laissant finalement place à un hochement de tête hésitant, amena finalement la réponse que  le jeune Attalis attendait. Il ne put s’empêcher de sourire face à sa victoire. Se relevant et époussetant les brindilles sur ses chausses, vestiges de leurs attentes dans les buissons, il prit le temps de suivre du regard la piste laissée par le ruissèlement du sang sur le sol. Ce serait du gâteau.

-« Toi rentre, grand frère. Prévient père et les autres que j’aurais un peu de retard. Je serais plus rapide seul. En plus, c’est ma proie, mon erreur. » Finit-il par dire en passant son arc en bandoulière.

-« D’accord, d’accord jeune insouciant. » Dit-il en se retournant et en commençant à marcher en direction de la chaumière. « Tu fais vite d’accord ? Ne m’oblige pas à venir te chercher ! » Énonça Alrick, en signe d’au revoir, une main levée par-dessus son épaule sans un regard en arrière.

Finalement seul, Vhorn Attalis ne pu s’empêcher de sourire à pleine dent. Que la traque commence. Traversant le ruisseau sans plus de cérémonie, en évitant bien évidemment de mettre les pieds dans l’eau en marchant –tantôt sautant- de rocher en rocher, le jeune homme suivit le chemin laissé par l’animal sans difficulté. Remontant peu à peu la piste, c’est silencieusement, le pas léger et dans une économie de tout mouvement superflu, qu’il avança tranquillement sous le couvert forestier. Cette traque silencieuse, propre à tout prédateur en chasse, était une histoire mainte fois jouée dans la vie de Vhorn. L’expérience, ainsi que la facilité de la piste permirent à son esprit de vagabonder dans le passé.

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Dans cette matinée froide des jours précédents l’hiver, où chaque expiration formait un nuage de condensation, le jeune Attalis trépignait sur place. C’est les mains sous les aisselles à la recherche de chaleurs, et soufflant face à la morsure du vent, qu’il attendait. Peu à peu, les premiers rayons de soleil vinrent à bout du promontoire rocheux cachant, il y a de cela quelques instants encore, les premiers pas de l’astre en cette nouvelle journée. Le levé du jour, apportant inévitablement au travers de sa lumière une chaleur bienfaisante, donna enfin un peu de répit  au doigt gourd de Vhorn.

C’est ce moment que son frère choisi pour apparaître au lieu de rendez-vous, soit la lisère de la forêt juxtaposant les terres familiales. Sans plus de cérémonie, excepté quelques mots bougons dus à un réveil aux aurores, et à une soirée beaucoup trop arrosée, les deux hommes s’étaient enfoncés dans l’entrelacs forestier à la recherche de nourriture. Les sens en éveil et dans un silence complet, ils avaient passé la matinée à la recherche de pistes fraiche. Cette journée-là, la chasse avait été fructueuse. Sur le chemin du retour, ils revinrent transportant leurs prises de la journée, soit deux lapins capturés au collet et un lièvre, abattu d’un tir dans sa course, par Vhorn.

Le retour avait été beaucoup plus jovial que l’allée. Ce remémorant les nombreuses frasques et déboire de la fête du village d’hier, et ayant terminé de cuver la vinasse,  les deux frères échangèrent de nombreux rirent et moment d’hilarité. En cette journée, le jeune homme se surprit lui-même dans l’exubérance de sa jovialité et dans sa bonne humeur. Après tout, c’était facile à comprendre. La journée en forêt avait été sublime, il était avec son frère, l’unique membre de sa famille lui donnant un semblant d’affection, et il y avait eu la soirée d’hier, mais surtout, il y avait eu  CE moment.

À l’approche de leur point de départ en matinée, Vhorn s’arrêta et se fit très sérieux en interpellant son frère qui marchait devant lui en palabrant.

-« Et là…là, ta Job qui se met à danser sur la table et…E… » Racontait l’ainé de la fratrie entre deux fous rires.

-«Alrick, il faut qu’on parle.» Annonça-t-il.

Se retournant avec le sourire, l’ainé prit à son tour un air sérieux en voyant l’expression de son jeune frère. S’adossant à un arbre et déposant au sol les deux lapins, il croisa les bras et hocha de la tête, invitation muette pour Vhorn de dire ce qu’il avait à dire.

-« Et bien je n’irais pas par quatre chemins. Hier soir, j’ai demandé  à Cath' si je pouvais  demander sa main à son père au courant de la prochaine année. Elle à accepté. »

Catherine fille du boucher de la bourgade, avait toujours été la femme que Vhorn espérait ravir. Depuis toute petite, celle-ci avait été l’objet de sa fascination. Femme plantureuse, ayant des cheveux de couleurs paille descendant juste en dessous des épaules et de grands yeux verts semblant s’abreuver de tous les détails l’entourant, Cath’ avait toujours fait tourné les têtes de la gent masculine sur son passage. Calme et réfléchie, cette dernière avait souvent éconduit de nombreux prétendants plus ou moins sérieux au travers des années. Ne cherchant pas à se coucher dans les foins, ni une  relation frivole, mais plutôt une union stable et voulant fonder une grande famille,  Catherine
semblait être la femme idéale. Lors de ces dernières années, Vhorn avait commencé à courtiser celle-ci qui avait réagi, favorablement.

Bel homme, le cadet chez les Attalis n’avait eu aucune difficulté à attirer son attention. Quelques détours à la boucherie de son père pour troquer ou vendre les produits de sa chasse lui avait permis d’entrapercevoir et de démontrer son intérêt à Catherinea Au fil des visites, il réussit à lui voler deux ou trois conversations. Conversations méthodiquement préparées d’avance de par la difficulté que Vhorn avait à sociabiliser. Peu à peu, il noua une relation amicale avec la jeune femme et passa même quelques journées, grappillé ici et là, en sa compagnie. Flânant le plus généralement dans les champs aux alentours de la petite municipalité, le jeune homme avait écouté avec assiduité l’élue de son cœur déblatérer la majorité du temps. Toujours en retrait dans sa solitude, ce rôle d’oreille attentive lui allait parfaitement et ne semblait pas déranger le moins du monde Catherine,

Le père de la jeune fille semblait lui aussi apprécier le jeune homme. Reconnaissant la précision de son tir dans le gibier qu’il ramenait, ainsi que la bonne volonté de Vhorn, celui-ci ne cherchant jamais à faire fluctuer à la baisse les prix de la marchandise, le paternel de Catherine était amical lors de ses visites. De plus, il ne semblait pas voir d’un mauvais œil les quelques mots que le jeune homme échangeait avec sa fille en sa présence. Vhorn espérait que cet homme s’en souviendrait lorsqu’il demanderait la main de sa fille.

Hier, le jeune homme avait passé la soirée avec la jeune femme, profitant que la fête bat son plein pour continuer ses avances de moins en moins subtiles. Au fil de la soirée, profitant de la frivolité due à l’alcool, les contacts physiques lors des danses endiablées, ou lors de moment plus calme, devinrent de plus en plus poussé jusqu’à terminé cette fabuleuse nuit sur un baiser langoureux à l’ombre d’une maisonnée. C’est suite à ce doux contact avec les lèvres, lèvres  qu’il avait si ardemment désirée, que Vhorn lui avait demandé sa main et cette dernière avec acceptée dans un murmure.

-Je voulais seulement en parler à quelqu’un.

Toujours adossé à l’arbre, Alrick regarda sans rien dire son frère dans les yeux. Puis, hochant la tête, il se décolla de l’arbre aillant soutenu son poids lors des dires de Vhorn et récupéra ses lapins qu’il avait laissés choir sur le sol.

-Je suis content pour toi Vhorn. Maintenant, rentrons. Nous sommes attendus.

Toujours dans la magie du moment, le jeune chasseur ne se rendit pas compte de ce que cachait le manque d’enthousiasme de son frère, ainsi que le  silence buté  de ce dernier lors du retour vers la ferme. S’il avait eu la possibilité de croiser le regard de son ainé marchant devant lui, il aurait senti la sourde colère émanant de cet être.



__________________________________________________________________________________________

-Assieds-toi. Il faut qu'on parle.

Venant tout juste de franchir le seuil, Vhorn était tombé nez à nez avec son géniteur. La lune déjà bien haute dans le ciel, le daim ayant réussit l'exploit de  trainer sa carcasse sur plusieurs kilomètres, le jeune homme était rentré beaucoup plus tard que son grand frère. Cependant, il était évident que son père ne lui adressait pas la parole - chose qu'il ne faisait presque jamais- pour le sermonner de le voir rentrer si tard. Il serait moins étonné de se faire,  invectivé pour ne pas s'être  encore cassé le cou en 20 ans d'existence, que de voir ce dernier éprouver de l'inquiétude à son égard.

Trônant au bout de table faisant face à l'entrée, le vieil homme, les mains croisées et les coudes appuyés sur la table regardaient son plus jeune d'un regard torve. Derrière lui, appuyé au linteau de la cheminée, le front sur l'avant-bras et dos à son jeune frère, Alrick avait quant à lui le regard perdu dans  les flammes dansant dans l'âtre. Sur une chaise dans le coin de la pièce, Alain s'amusait à lancer une pomme et à la rattraper, en lançant en même temps -un vrai jongleur - le même regard assassin que le vieux à son frère. Quant à lui, Orell était assis à la table et ne semblait pas s'intéresser le moins du monde à Vhorn, mais portait toute son attention à  son père en se tenant la mâchoire. Déjà, son œil virait au noir. Le vieil homme ne devait pas y être allé de main morte, et pourtant, il ne frappait presque jamais ses enfants. Les trois premiers ne méritaient pas ses fureurs, et le dernier subissait bien souvent celles des deux jumeaux. Toute la famille était réunie au complet. Cependant, l'humeur n'était pas vraiment à la fête, chose d'ailleurs qui n'avait aucune chance d'arrivée lorsque Vhorn était dans les parages.

C'est dans cette petite pièce, lourde de ressentiment, d'une haine palpable et de colère refoulée entre les différents antagonistes, que la famille Attalis, au bord de l'éclatement depuis toujours, se trouvait. C'est donc dans un lourd silence, n'étant entrecoupé que par les crépitements des bûches s'enflammant dans l'âtre, que les hommes se trouvant là se regardaient, où se surveillait, en chien de faïence. Vhorn savait qu'à tout moment, l'orage qui grondait pouvait éclater et s'abattre sur sa personne. Bien que son attention fût portée sur son père, il surveillait du coin de l'œil Orell, qui semblait prêt à répondre à n'importe quel ordre, tel un limier, pour lui sauter dessus. Il était plus rapide que son stupide de frère, mais il ne devait pas non plus oublier Allen. Celui risquait d'agir aussi. À deux contre un, chose qui survenait fréquemment, Vhorn ne pourrait faire face.

- « Il n'y a plus de place pour toi sur cette ferme. Tu quittes la demeure demain. Que ce soit pour n'importe où, je n'en est rien à faire. Mais ici, cette terre, ce n'est plus chez toi ». Dit le vieil homme en se levant, mettant fin à cette ''conversation''.

Le couperet venait de tomber. Vhorn était paralysé.  Il savait bien ce que cela signifiait. Il ne pourrait jamais marier Cath'. Sans terre, sans argent, le père de la jeune fille, qui aimait cette dernière par-dessus tout, n'accepterait jamais qu'un va-nu-pieds lui dérobe sa fille. Tout était fini.


-« Sale fils de pute ! »

S'arrêtant juste avant de gravir les escaliers se trouvant au point le plus éloigné de l'entrée où se tenait Vhorn, son père prit la parole à nouveau. –« Crois-tu, pauvre fou, que je te laisserais marier cette fille ? » Tournant la tête et offrant un profond rictus à son fils, celui-ci continua. « Tu ne l'as mérite pas, et ne la méritera jamais. Autant te voir crever dans un fossé plutôt que te voir engrosser quoi que ce soit. Le sang des Attalis a déjà été assez souillé de par ta naissance.  Tout est réglé, son paternel et moi somme tombé d'accord sur un arrangement ell.. »


Il n'en pouvait plus. S’en était assez. Trop longtemps, trop longtemps il avait subi, enduré pour pouvoir un jour s'émanciper et réclamer une parcelle des terres, ce qui lui revenait de droit, ce qui lui était dû. Aujourd'hui, Vhorn venait de perdre, son avenir,  l'unique chose qui lui faisait endurer le calvaire qu'était sa vie, Catherine, sa Cath'. Par le fait même, il venait aussi de perdre sa lucidité.


Poussant un profond cri de rage s'extirpant tant bien que mal de sa gorge nouée, Vhorn fonça en ligne droite en direction du vieil homme, qui n'avait pas bougé et qui regardait toujours son fils  - l'était-il encore ? L'avait-il déjà été ? -  avec un sourire et un regard chargé de haine. Arrivé au milieu de la pièce, il vit du coin de l'œil Orell commencer à se lever précipitamment. Vhorn cessa brusquement sa course pour écraser son point sur le nez de son frère, qui éclata sous l'impact, rassoyant ce dernier par le même coup. Cette frappe, chargée de toute sa haine, fut d'une douceur infinie pour le jeune homme, d'un plaisir sans borne, mais ô combien malsain !

Quant à lui, Alain avait eu le temps de balancer les jambes par-dessus le banc et de se lever. Se plaçant sur la route de Vhorn, protégeant son géniteur qui n'avait pas encore bougé, celui-ci avait levé ses mains, dans un semblant de garde, prêt à en découdre avec son jeune frère poussé à la folie. Sans s'arrêter, en marchant cette fois-ci, Vhorn traversa les derniers mètres le séparant de son deuxième frère en dégainant sa dague qui lui avait servi à dépasser le daim quelques heures plus tôt.

« Ce ne devrait pas être très différent avec un humain. » Pensa-t-il, la tête penchée sur sa gauche en regardant ce dernier avec un sourire dément.

Alain ne bougea pas. Figé par les flammes dansantes sur la lame, encore recouverte du sang écaillé de sa dernière proie, ou par le regard empreint d'une intense folie et chargé de haine de Vhorn, ou par les deux. Il laissa passer son frère sur sa droite sans avoir esquissé le moindre battement de cil. Même sa respiration semblait s'être arrêtée.

-« Dommage, froussard. »

Enfin arrivé face à ce salop souriant, Vhorn tenait sa vengeance.

-« Alors voici ton vrai visage. »

Pointant son géniteur d'un doigt, le jeune homme ne sembla pas le moins du monde accuser le coup. –« C’est de ta faute à toi, sale pourceau ! Maintenant crè... »


Sa tirade fut coupée par une puissante frappe, inattendue, qui s’abattit sur sa mâchoire. Son index de la main droite, qui se dressait tantôt rageur, se replia au même titre que l'ensemble de son corps, pliant autant sous la surprise que sous la douleur. À sa droite, Alrick, tenant un couteau dans sa mains droite, avait la même lueur démente qui habitait le regard du plus jeune. Protégé par sa fureur et par l'adrénaline, Vhorn réussit tant bien que mal à se redresser au moment opportun. Déjà, son grand frère passait à l'attaque. Mais cette fois-ci l'attaque était porté avec la lame.

Se penchant pour éviter le coup à destination de son visage, il se releva promptement pour esquisser, à son tour, une attaque qui ne trouva que l'espace laissé vacant par son frère, dans un bond pour s'éloigner de la lame. Avant d'avoir pu faire le moindre geste, il fut cueilli à la tempe par une frappe puissante, dans son angle mort, par son père qui n'avait pas bougé depuis le début des affrontements dans la pièce. Sonné, Vhorn n'arrivait pas à se lever. Son esprit embrumé n'arrivait plus à guider ses sens.

Se penchant sur son plus jeune, Alrick se trouvant derrière, le père de la fratrie prit la parole :  vois-tu, depuis ta naissance j'ai pensée mainte et mainte fois à t'abandonner au plus offrant. Mais, ton grand-frère, dit il en pointant l'ainé par dessus son épaule, c'est toujours opposé à cela. Ce fut notre seul point de discorde, il est vrai. Admit-il en hochant la tête. L'aimant comme un père aime ses fils, j'ai décidé de te permettre de rester. Pas pour toi, mais pour lui. Cependant, le jour où tu as perdu la protection de ton frère, je savais qu'il était grand temps de te faire partir au loin. Enfin ce jour est arrivé !

Se relevant et se préparant à partir, le vieil homme s'arrêta dans son mouvement lorsqu’une pensée vint à son esprit. –« Oh ! Deux dernières choses : premièrement, la prochaine fois, même si je doute que ce conseil puisse t'aider, n'essaie pas de voler la belle de l'unique personne qui te protège. Deuxièmement, n'est pas d'inquiétude pour la fille du boucher. Elle va rejoindre la famille en mariant ton grand frère à ta place. N'est-ce pas merveilleux ? »

Hurlant de rage, Vhorn essaya de se relever tant bien que mal. Réussissant à se mettre sur un coude, il continua son vain effort.

-« Je vais tous vous tuer, bande de salops ! Je le jure ! Vous allez crever ! Crevez ! Crevez ! Cr... »


Il perdit conscience avec pour image le pied d'Alrick s'écrasant sur son visage.


__________________________________________________________________________________________

Vhorn fut réveillé par des bruits sourd et répétitif. Ouvrant difficilement les yeux, le jeune homme se trouvait au même endroit que lorsqu'il avait perdu conscience. Essayant de rassembler ses esprits, tout lui revint en mémoire comme un raz de marée écrasant l'ensemble de son être. Tentant de se relever, grognant sous l'effort requis, Attalis se mit d'abord en position assise et chercha à distinguer la source des bruits qu'il entendait. Ceux-ci étaient en provenance du deuxième étage. Bien vite, fin connaisseur de ce genre de tapage, il comprit qu'Alain devait passer un sale quart d'heure. Le vieux ne rigolait pas avec la discipline.

Il était dans un état lamentable. Son nez, probablement cassé, le faisait douloureusement souffrir et du sang s'écoulait encore de celui-ci et venait tacher ses vêtements. Qu'importe, il n'en avait cure.  À l'heure actuelle, il serait les dents sous l'effet de la douleur. Il ne pouvait flancher tout de suite. Prenant appui sur l'âtre, il se mit difficilement debout et fut secoué d'une quinte de toux lui arrachant des soubresauts de douleur et le faisant cracher du sang sur le sol. Il devait avoir reçu des coups de pied dans les cotes lorsqu'il était tombé inconscient. Une ou deux de ces dernières devaient être cassées.

Récupérant un vieux linge trainant sur la table et le plaçant tant bien que mal autour de sa main blessée, il prit appui tout le long de ladite table pour se diriger vers la porte de sortie. C'est d'une démarche lente, alourdie par la douleur physique, mais aussi émotionnelle, qu'il réussit à atteindre le battant et à l'ouvrir d'un coup d'épaule. Au passage, il n'oublia pas de prendre son arc et son carquois qui gisait à côté de l'entrée.

Dehors, l'air frais vint le frappé comme un coup de point - encore un !- . Éclaircissant par le fait même ses esprits, Vhorn prit le temps de prendre deux grandes respirations avant de se pencher sur ce qu'il avait à faire. Tout d'abord, il devait aller voir Catherine à tout prit. Dans un souvenir plus ou moins flou, juste avant de tomber dans l'inconscience, il avait vu Alrick l'enjambée et se diriger vers la porte en prononçant le nom de la jeune fille. Regardant les astres, le jeune homme ne sut dire combien de temps il était resté inconscient. Probablement des heures durant. Il devait se dépêcher de rejoindre la jeune femme.

C'est d'une démarche de plus en plus confiante qu'il avança en direction du petit étal à deux étages se trouvant au milieu de la municipalité. Ce dernier ne croisa pas âme qui vive, tout le long de son périple vers sa belle. La nature environnante semblait morte, au même titre que presque l'ensemble des émotions du jeune homme. Seule la rage, la haine au niveau le plus pur, pour sa famille subsistait, ainsi qu'un profond attachement à la femme qu'il aimait. Enfin, il vit le bâtiment se détaché à l'horizon il accéléra le pas.

Arrivé devant celui-ci, il aperçut une silhouette solitaire assise sur le porche, les bras encerclant ses jambes. Entendant des sanglots, Vhorn reconnut Catherine Cette dernière était dans un état lamentable. D'où il se trouvait, soit encore à une certaine distance, il pouvait voir à la lueur de la torche qu'un hématome violet se trouvait sur son menton. Sa robe était déchirée en de multiples endroits, mais par-dessus tout, sa position recroquevillée, autrefois si fière, lui fit comprendre le pire. C’est d'une démarche chancelante, alors qu'il avait lâché son arc sur le sol, qu'il se rapprocha de cette dernière.

-« Oh non... Non. Je vais le tuer. Je le jure, Cath', je vais le tuer.» S’entendit-il dire.

-« Vhorn ?! »

Entendant les paroles prononcées par son aimé, celle-ci avait levé la tête et croisé le regard brûlant de fureur et de douleur du jeune homme. Se relevant d'un bond elle se passa le dos de sa main, celui que Vhorn baisait lorsqu'il se quittait, en dessous de ses yeux pour chasser les larmes. C'est dans cet état lamentable, l'un et l'autre, que leur regard se croisa. Alors il sut. Elle serait toujours sienne. Catherine lui décocha un sourire ayant du mal à se présenter sur ce visage larmoyant. Lentement, ils s’approchèrent l'un de l'autre.

Encore aujourd'hui, Vhorn se demandait pourquoi il fut à ce point maudit à sa naissance. Entendant un simple bruit, que peu de personnes auraient entendu, et encore moins n'auraient su identifié, le jeune homme bougea instinctivement. Ayant passé sa vie dans la forêt, bercée par ce bruit, il entendit aussi distinctivement qu'un hurlement, la corde relâchant le trait en direction d'une cible. En l'occurrence, en direction de lui-même.

C'est dans une rotation sur lui-même qu'il évita de justesse la flèche qui lui érafla la joue au passage. Un tir exceptionnel. Peu de personnes pouvaient tirer avec autant de précision et d'un endroit aussi loin, c'est-à-dire la lisière de la forêt, l'unique endroit qu'il n'avait pas sondé lorsqu'il était arrivé dans le village.  C'est dans une roulade savamment réalisée, l'adrénaline reprenant le contrôle de ses sens et évaporant les résidus de douleurs, bien aidé par la colère explosant au passage en ayant fait le lien entre le tir et le tireur qu'il récupérât son arc gisant sur le sol. Genoux en terre, il encocha en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire et porta toute son attention vers le couvert forestier à la recherche du tireur ou du second trait qui se faisait attendre. C'est immobile comme une statue, que la proie chassa le chasseur du regard.

-« V...Vhorn... »

Se retournant, il lâcha son arc d'effroi. C'est avant que celui-ci ne tombe au sol qu'il avait rattrapé Catherine qui avait suivi la même course descendante que l'arme. Une main enserrant sa taille, l'autre ne sachant que faire face à la flèche ayant transpercé le ventre de la jeune fille, qu'il sanglota comme un jeune enfant.

-« Catherine ! Reste avec moi, reste ! »


-« Je t'aime, Vhorn. Je t'attendrais. »


C'est avec un air calme, le teint cendré, une unique larme s'écoulant le long de sa joue, les yeux plongés dans ceux de Vhorn, comme si elle essayait de graver son visage à perpétuité, un faible sourire se dessinant, et une main sur la joue barbue de l'être qu'elle aimait, que celle-ci s'éteignit.

-« Non.Non.Non.NON  ! »

Tombant à genoux et enserrant celle qu'il aimait, Vhorn ne sut jamais combien de temps il avait pleuré avec le cadavre de Catherine dans ses bras. C'est officiellement à partir de ce moment, alors que son monde venait de s'effondrer pour de bon qu'il changea. Le chassé deviendrait le chasseur, il n'aurait rien à protéger, ni son âme ni son être. L'unique chose qu'il aurait à faire serait seulement d'assouvir sa soif de sang, de vengeance, étancher sa colère se définissant comme des abysses sang fond, jusqu'à ce que la mort vienne le chercher. Il ne serait plus jamais le faible regardant le destin le frapper. Il frapperait le premier, et beaucoup plus fort.

-« AAAAAAAAALRICK ! »

__________________________________________________________________________________________

C'est dans un rythme effréné, courant en direction du couvert forestier où son frère avait disparu, que Vhorn commença sa chasse. Il ne pouvait savoir ce que ce dernier projetait de faire. Cependant, il n'en avait cure. Il obtiendrait satisfaction seulement lorsque ce dernier, sa proie, serait perforé de part en part. Arrivé à la lisière, il s'enfonça entre les troncs sans même prendre le temps de ralentir. Peu à peu, les branches sur son passage, l'entrelacs de tronc se faisant plus dense, fouettèrent son visage sans relâche. Cela ne lui fit pas ralentir ses folles enjambées. Suivant facilement la piste, la bête ne faisant que s'enfoncer en ligne droite sous le couvert forestier, Attalis tenait son arc en main gauche, une flèche encochée sur la corde. C'est en débouchant dans une clairière que la piste disparut tout d'un coup, comme si Alrick venait de se volatiliser.

Comprenant bien vite le piège qu'il lui avait été tendu, Vhorn plongea derrière un arbre alors qu'un trait passa à l'endroit où  sa tête se trouvait une seconde plus tôt. Reprenant son souffle, assis au sol, le dos appuyé contre le tronc et l'arc toujours en mains, il essaya de deviner la position d'où ce dernier venait de tirer. Effort futile. Il n'avait pas eu le temps de regarder d'où la flèche avait jailli. Maintenant, il ne pouvait sortir de sa cachette sans qu'une flèche le cueille et l'envoie dans la mort.

- « Cette flèche était pour toi Vhorn. Pour personne d'autre ! Elle aurait fini par apprendre à m'aimer. Ce n'était que la première nuit, les autres auraient été parfaites. »

C'est à peine s'il entendit les paroles qu'avait prononcées Alrick, à peine s’il leur donna de l'importance. Il était mort. Au même titre que Catherine, au même titre que la nature autour de lui. Vhorn ne semblait plus se rendre compte de la douleur qui irradiait de ses côtes, de sa mâchoire ou de sa joue meurtrie par le trait ayant pourfendu Cath'. Il ne ressentait point le  vent sur sa peau, ni la fine pluie tombant des cieux. Il n'entendait plus le bruit des insectes et animaux nocturnes, ne sentait plus son propre cœur, qui tambourinait pourtant dans sa poitrine sous le coup de l'adrénaline et de sa course. Toutes les fibres de son être étaient gelées dans une blessure psychologique, qui certes avait connu son point culminant avec la mort de son aimée, mais qui fut atteinte grâce à une vie complète de détresse émotionnelle intense. Cette journée n'avait été que la brisure, dans un portrait d'ensemble difficilement joint par quelques morceaux épars de bonheur.

- « Je vais te tuer, petit frère. Tout le monde pensera que tu es le tueur. Toi, pas moi ! »

C'est dans ce calme ambiant, identique au  centre d'une tempête, qu'il ferma les yeux. Il devait tuer. Tuer, tuer, tuer. Rien d'autre n'avait d'importance. La mort -  mais de qui? - était l'unique remède à ses maux.
Cet endroit. Combien de fois avait-il arpenté cette forêt ? Il connaissait cette clairière. Ses arbres, ses buissons, le moindre dénivelé, le moindre caillou. Il connaissait son frère. Ce chasseur émérite, cet homme fier, ce salop. S'imprégnant de l'image mentale de la zone,  il en vint à la conclusion qu'Alrick ne pouvait être qu'à un endroit. Vhorn n'aurait qu'une chance, il n'avait pas le droit à l'erreur.

Il se releva tranquillement, les yeux toujours clos, la flèche encochée, l'arc dans les mains. Ouvrant finalement les yeux, il s'élança, sans prière, sans dernière pensée, sans espoir, sans émotion ou sans grande respiration. Il réussirait ou échouerait. Il tuerait, et obtiendrait vengeance, ou mourrait et tout ne serais plus qu'oubli.

S'étant décollé d'un bon de sa cachette, Vhorn ajusta son tir en direction de l'arbre où Alrick avait dû prendre son poste de tir. Sans regarder si son attaque avec atteint la cible, il tomba au sol dans le même mouvement pour éviter la flèche, qu'il n'avait pas vu, mais qu'il savait que son frère aurait le temps de tirer. Comme de fait, un courant d'air, annonciateur de l'échec de sa proie, passa à une vitesse folle au-dessus de lui. C'est à plat ventre sur le sol qu'il attendit un second tir qui ne vint jamais. Se relevant, il aperçut Alrick, le regard vitreux, une flèche dépassant de son corps, une expression de parfait étonnement peint sur son visage. Figé là de longues secondes, regardant le cadavre en face de lui, le jeune Attalis ne ressentit ni délivrance ou soulagement, ni remord ou tristesse. Sa fureur intacte l'élançait toujours autant qu'une profonde plaie. Lancinante, cette colère, unique rempart contre sa tristesse et pour sa santé mentale, ne le quittait pas, ne le quitterait plus.

Sans avancer, dans un mouvement initiateur brusque, Vhorn vida son carquois, flèche par flèche, sur sa proie jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus que trois traits. Il n'avait pas encore fini son travail. Passant son arc en bandoulière, il s'approcha de ce qui avait été son frère, morceau d'homme percé de toute part, et dégaina son couteau. Il avait besoin d'un trophée.

__________________________________________________________________________________________

Le soleil se leva enfin sur cette terrible nuit. Peu à peu, le jour commençait à reprendre ses droits sur la nuit, les oiseaux piaffaient, au loin, un coq saluait le commencement d'une nouvelle matinée. C'est là qu'il les vit. Les trois hommes s'extirpant d'une vieille bicoque se dirigeaient tranquillement en direction du chasseur, et par le fait même du champ, leurs outils sur l'épaule dans un silence buté. En premier plan, les deux jumeaux marchaient côte à côte.

Enroulée dans sa cape, invisible à la lisère de la forêt, il se trouvait dans la situation identique à celle d'Alrick lorsque ce dernier avait essayé de le tuer. Cependant, lui ne raterait pas ses tirs. Son premier trait vint cueillir Alain en pleine gorge. De sa position, il vit ce dernier tomber comme un pantin désarticulé, du sang s'échappant à gros bouillon de sa blessure mortelle. Son frère Orell, figé devant le funèbre spectacle, parti finalement après de longues secondes,  dans une course bancale vers la cabane. Il fut cueilli directement derrière la tête par le second tir, en cloche cette fois-ci, du chasseur. Le vieil homme n'avait pas bougé. Sortant finalement de sa cachette, une flèche sur la corde, un sac de toile en bandoulière, Vhorn s'avança tranquillement vers son géniteur qui n'avait toujours pas esquissé le moindre mouvement. C'était une magnifique journée qui se levait sur la ferme familiale des Attalis.

-« Bonjour, père. Bien dormi ? »
Dit-il d'une voie qu'il ne reconnut même pas lui-même.

Le vieil homme, qui semblait accuser le poids des ans, regardait son plus jeune, derrière un rideau de larme silencieuse et amer. Toujours fier, le vieux salop n'était pas encore écrasé par le poids de la vérité. Pas encore.

- « Pour ma part, j'ai eu une nuit mouvementée. Comme vous le savez, vous étiez là après tout, ma soirée a été... Disons, difficile. C'est indéniable. Puis, il y a eu ce petit accident... »

Faisant passer la bandoulière du sac par dessus son épaule, il vida son contenu, à savoir la tête de son grand frère, sur le sol. Cette dernière vint finir sa course au pied de l'homme se tenant en face de lui. Ce spectacle eut enfin l'effet escompté.

Tombant à genoux, le vieillard ne semblait pas savoir que faire de ses mains. Ces sanglots, tantôt silencieux, avaient été remplacés par des cris de désespoir où se mêlaient amèrement son désespoir et ses peines. La bouche ouverte, bavant, ahanant et larmoyant, il n'avait d’yeux que pour le terrible spectacle du trophée que le chasseur lui avait apporté.

- « Oh, et père ? Deux dernières choses : premièrement, n'ayez crainte pour la ferme, je m'en occuperais personnellement. Elle devrait brûler aussi bien que l'étal du boucher. Bien que notre ferme ne comporte aucun combustible vivant à l'intérieur. »
Argumenta-t-il, songeur, une main perdue dans sa barbe. « Deuxièmement, la prochaine fois, même si je doute que ce conseil puisse vous aider, ne cherchez plus à mettre un homme au pied du mur. Vous ne savez jamais comme il peut finir, ou commencer. »

Sur ces mots, il releva de la pointe de sa flèche le menton de son père. Croisant le regard du vieillard, il puisa un certain réconfort dans cette douleur, qui semblait insupportable pour ce débris humain.

-« VHOOOOOOOOOOORN ! » !

C'est sur ces mots, qu'il rendit l'âme et que sans un regard en arrière, le dernier descendant des Attalis alla mettre en exécution ses dires. Après tout, Il fallait fêter cela comme il se doit ! Un bûcher devrait faire l'affaire.


__________________________________________________________________________________________

Ces événements qui avaient transformé à jamais la vie de Vhorn, ainsi que sa propre personne en profondeur, remontaient aujourd’hui à une longue année déjà. Période passée à vivre de peine et de misère, fuyant toute compagnie humaine comme la peste, autant par attrait pour la solitude que pour se préserver de la justice. Justice qui cherchait à mettre la main sur le jeune Attalis, unique survivant de l’hécatombe sur la ferme et devant l’étal du boucher, ainsi que l’unique individu à s’être évaporé. Véritable itinérant, il se promena dans l’ensemble du territoire lors de ses pérégrinations. À quelques occasions, il renoua avec le meurtre, que ce soit pour voler leurs possessions à ses proies, ou seulement pour assouvir sa colère. Ces quelques cas isolés ne furent pas un écho retentissant dans la région. Il y a quelques mois de cela, sans raison apparente, il décida de quitter les terres comtés en direction d’une destination encore inconnue, à la recherche d’un moyen d’éteindre – ou d’assouvir ?- le brasier grondant au plus profond de lui-même.
L’histoire de ce jeune homme du peuple, tantôt fermier, braconnier puis meurtrier est bien loin des véritables défis agitant Auven. C’est sans regard pour la corruption où les affaires publiques et politiques, qu’Attalis avance vers le futur, sans but, sans savoir sur quels chemins ses pas le guideront.

Sans but ni objectif, traversant les mois les uns après les autres tel un fantôme, le jeune homme se présente face au danger sans jamais faire preuve d’instinct de conservation pour sa personne. Cette particularité peut-être caractérisée comme une lame à double tranchant. En effet, ce manque, en certaines occasions, peut jouer en sa faveur en surprenant, par exemple, son opposant, ou en lui permettant d’effectuer une action qui aurait arrêté bon nombre d’individus. Mais, à  contrario, cette anomalie peut lui coûter bon nombre d’injures physiques plus ou moins graves et pourrait l’amener, un jour,  à franchir pour de bon les portes de la mort.

Vous certifiez sur l'honneur avoir plus de 18 ans ? Je le jure. Même pas besoin de la présence de mon avocat !

Comment vous nous avez trouvé ? Via internet  taper .

Un avis ? (Sur nous, pas sur le voisin ♪) Je trouve l’univers extrêmement attrayant. Je ne serais pas ici sinon !

Quel est votre smiley préféré ? Clairement celui-ci : fouet fouet fouet !.
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 19:01


Bonjour Nouvel arrivant et bienvenu wtf

Avant que tu ne continue (j'en profite parce que du coup il y a encore peu de texte), je tiens à rappeler que vous d'acceptons pas les prénom qui font trop Anglais, comme William.
Peut-être revenir à ton premier choix ?

SI tu as des question, surtout, n’hésite pas ! dieu
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 19:09


«L'espoir serait la plus grande des forces humaines si le désespoir n'existait pas.»

Merci du mot de bienvenue !

Dans ce cas, je vais changer le nom sans problème Wink . J’aurais par ailleurs une petite question ; je suis perdu dans les lignes de code, et je ne sais pas comment ajouter mon avatar à droite de la section "identité". Est-il possible d’être guidé ? ♥ ♥
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 19:18



Juste là où c'est souligné en turquoise, tu remplace URL PERSO par l'adresse de ton ava (sans laisser d'espace, la base) et voilà !
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 22:26
Bienvenue et bon courage pour ta fiche ! cheer
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 22:42
Merci pour le petit guide ! Au final, la corruption semble plus gentille que ce que la section « contexte » du forum laissait entrevoir…tongue   Merci pour le mot de bienvenue et l'encouragement Gisèle ! Wink
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Jeu 29 Mar - 23:57
Bienvenue parmi nous!
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 1:45
Merci de ton acceuil, Magnus ! ♥
Sur une autre note, j'ai terminé ma présentation. Elle est donc prête à passer sous l’œil d'un expert ! cyclops
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 11:07


C'est moi l'experte *met ses petites lunettes*

Et je dirais que ...

Bethany est soumis au même régime de proscription que William, Beth peut être un prénom en lui même ou être le diminutif d'Elisabeth (un peu plus neutre) ou de Babette ou de Berthe (oui, c'est un peu laid).

La place de prêtre n'est pas une mauvaise place, être au service du grand loup est plutôt une fierté, d'autant plus que les clercs peuvent se marier. Après si ils voulaient envoyer à Vhorn a Neillion, qui est à l'autre bout de la carte, il aurait eut du mal de demander sa belle en mariage, même si il le pouvait.

La chasse n'est pas forcément interdite, mais même quand elle ne l'est pas elle est soumise à restriction. Seule des personnes autorisées peuvent chasser pour le bien de la communauté (autrement dit le village). Donc j'imagine qu'il doit quand même y avoir des braconniers, quand tu meurt de faim et que t'as pas d'autorisation ...
Commentaire très très utile, tout à fait.

Et pour finir le plus embêtant, le fait qu'il vient de se faire couper un doigt, et qu'il arrive quand même a tirer a la perfection avec un arc quelques heures après. Toute les doigts ont leur utilité pour manier un arc. Et même si il pourrait peut-être apprendre à se tirer plus ou moins bien en fonction de son infirmité avec le temps. quand ça vient juste d'arriver ça ne passe pas :/

Voilà, voilà super
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 15:08


« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. »

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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 16:59
Merci Ivoirine !  teuplé

Maintenant, à nous deux, Corruption !  Twisted Evil

J’ai  changé le nom de Bethany pour « villageoise A » Catherine ! J’ai longtemps hésité entre ce dernier et Berthe…  What a Face

Pour ce qui est de la religion, j’ai complètement changé la tirade, ne le faisant point rentrer dans les ordres, mais plutôt devenir simplement un va-nu-pieds n’ayant ni argent ni terre. Ainsi, bien qu’il puisse rester dans le coin, il ne serait jamais un bon parti pour sa belle.

Par ailleurs j’ai une petite question d’ordre religieux. Dans la première version de ma fiche, je faisais mention (sans réellement savoir si cela existait) qu’il était destiné à rentrer à l’intérieur du clergé régulier. C’est-à-dire dans un ordre monastique. Existe-t-il des ordres monastiques du culte d’Huvara ?

Pour finir, je comprends que la perte d’un doigt vienne très clairement nuire à l’archer. Or, moi-même gaucher, j’ai écrit en prenant en considération que Vhorn l’était aussi. Il est fait mention que c’est l’index droit qui est sectionné,  donc l’index de sa main tenant le corps de l’arc, et non pas celui de sa main tenant la corde et la flèche. Si avec ces éclaircissements cela semble toujours aussi impossible, je ferais repousser son doigt, changeant la blessure pour un vilain coup au menton.  Wink

Merci encore du temps passé sur ma fiche ! C’est toujours appréciable d’être aussi bien accueilli et d’avoir des retours constructifs.
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 17:32


Berthe, tout à fait, ça aurait été du plus bel effet :v

Il n'y a pas moins comme nous en avons. Il y'a bien quelques lieux un peu sacré ou il y a des communauté de prêtres et prêtresse plus tourner sur le culte, la nature et moins vers les fidèles. Toutefois ce ne sera jamais aussi cloisonné et cela restera des clercs avec tout leurs droits.

Pour l'arc ce n'était pas vraiment une question de mains que ce soit la droite ou la gauche et ne fait qu'il soit droitier ou gaucher. Outre la douleur la perte d'un doigt change complètement la façon d'utiliser une main. Vhorn n'aura pas la même force de prise avec son doigts coupé et ne pourra plus positionner correctement sa flèche. Et apprivoiser ça si rapidement après un ce genre de choc est toujours un peu trop surréaliste. Comme ce mouton dieu
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 19:40
Bien que surréaliste, ce mouton est du plus bel effet... dieu dieu dieu

Merci pour l'éclaircissement par rapport à la question monastique !

Vhorn a dorénavant l'ensemble de ses doigts, mais il vécut, durant une certaine période, avec une vilaine bosse sur la mâchoire.
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 Ven 30 Mar - 20:09


Tout a fait ce mouton est parfait dieu

Comme tout est en ordre je vais te donner ta couleur et ton rang.

Bon jeu parmi nous wtf
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MessageSujet: Re: Vhorn Attalis :
 
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Vhorn Attalis :
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